L'essence de la culture barbadienne ne saurait être mieux illustrée que par le festival de la fin des récoltes (Crop Over Festival), dont les racines remontent au XVIIIe siècle, alors que l'esclavage existait toujours. Ce festival marquait la fin des récoltes de canne à sucre de l'année : les maîtres et les esclaves prenaient alors tous part à une grande célébration colorée où l'on dansait, buvait du rhum et savourait un repas bien copieux à base de riz, de pois, de poisson salé, de manioc et de pudding and souse, un plat de porc et de patate douce.
De nos jours encore, le Crop Over Festival fête la culture d'un pays fier et indépendant avec tout un mois d'activités dignes d'un carnaval dès le premier samedi de juillet. La nourriture, les boissons, l'artisanat, les célébrations et les chapiteaux demeurent jusqu'au premier lundi d’août : ce jour-là, les fêtards costumés défilent dans les rues pour la parade annuelle du Kadooment.
Ce sont les Portugais qui ont été les premiers Européens à mettre le pied sur l'île, au cours des années 1500. Devant l'abondance de figuiers semblant porter une barbe, ils la baptisèrent « Los Barbados », d'après le mot portugais barbudo, qui signifie « barbu ». Ce peuple n'est toutefois pas resté longtemps : en raison du manque de ressources naturelles, ils ont vite levé l'ancre pour ne plus jamais revenir.
Ce n'est qu'en 1625 que les Anglais sont à leur tour arrivés pour commencer la seule colonisation que connaîtra la Barbade dans toute son histoire. Rapidement, l'île est devenue l'un des plus importants producteurs de sucre du monde entier. Quand l'esclavage a été aboli, en 1834, la population de l'île était essentiellement de descendance africaine; c'est d'ailleurs encore le cas aujourd'hui.
Depuis qu'elle a obtenu son indépendance du Royaume-Uni en 1966, la Barbade s'est fait reconnaître pour son développement politique et social, tout en conservant de forts liens avec les traditions et les institutions du système anglais (la reine Elizabeth II demeure notamment son chef d'État). L'impressionnant développement social du pays se remarque surtout dans l'apparence soignée des groupes d'enfants en uniforme qui se dirigent vers les écoles et qui nous rappellent que le pays possède l'un des taux d'alphabétisation les plus élevés du monde.
À l'heure actuelle, les résidants de la Barbade sont au nombre de 257 000, tandis que son nombre de travailleurs qualifiés est de 126 000. L'éducation gratuite a permis de créer une importante classe moyenne et ainsi de réduire significativement l'écart entre les riches et les pauvres. C'est entre autres pour cette raison que la Barbade a mérité en 1996 la troisième place du classement des pays en termes de qualité de vie selon l'Indice de Développement humain des Nations Unies.
Pour ce qui est de la religion, les Barbadiens sont principalement chrétiens : on compte au pays plus de 100 confessions religieuses qui fréquentent les plus de 350 églises de l'île. Fait intéressant, on retrouve souvent près des églises plusieurs établissements locaux où l'on sert du rhum et où les habitants de l'île viennent discuter politique avec un verre de l'un des meilleurs produits du pays.
Le tourisme a beau être devenu le gagne-pain principal de la Barbade, le sucre et le rhum ont tout de même gardé leur importance : ils lient le passé et le présent de l'île d'une manière tout à fait mesurable. L'industrie de la pêche joue elle aussi un grand rôle pour plusieurs générations de marins.
Si la vie barbadienne des temps modernes est si unique, c'est donc bien grâce à la variété de facteurs distincts qui l'ont marquée, aussi bien les valeurs chrétiennes que le calypso, le système parlementaire que les terrains de polo, la culture autochtone que l'influence coloniale.